Ma démarche artistique naît de mon hypersensibilité et d’une attention profonde au geste, à la matière et au corps. Je travaille principalement la peinture, mais mon processus intègre l’écriture, le textile, la photographie et la performance. Créer est pour moi est un rituel de connexion à moi-même et au vivant : chaque geste transforme, libère et relie. L’œuvre devient un espace où mes émotions et mes pulsions prennent forme, un équilibre entre délicatesse et intensité, brutalité et sensibilité.

L’art-thérapie est au cœur de ma pratique. Elle m’enseigne à observer et à investir la vie de manière artistique, à intégrer la créativité dans le quotidien, et à laisser les gestes, les couleurs et les textures révéler l’invisible. Peindre, modeler ou toucher la matière devient un dialogue avec moi-même et avec le monde. Mon approche s’inspire de Cy Twombly, dont le geste et le gribouillis déconstruisent la représentation parfaite pour laisser surgir la pulsion et la sensibilité de l’instant, et de Vibrant Matter de Jane Bennett, qui souligne la vitalité et l’agentivité des matériaux et leur interaction avec les humains. Mes récits surréalistes et symboliques forment une cosmogonie personnelle : un univers intérieur où le plus petit détail — geste, couleur ou matière — ouvre à la compréhension du plus grand, de soi, des autres et du monde.

Mon attention aux détails et aux interactions multiples nourrit mes compositions, où formes, textures et couleurs interagissent comme des microcosmes reflétant la multiplicité de l’être. Le surréalisme, l’absurde et l’étrange deviennent des outils pour explorer l’imaginaire, le corps et la mémoire, et pour inviter le spectateur à entrer dans ces mondes.

Parmi mes projets, Jardins et jeux investit des jardins comme espaces intérieurs à cultiver, où formes colorées et éléments organiques dialoguent avec la mémoire et l’imaginaire, soulignant l’importance du jeu, de l’attention et du geste. En chantier, présenté au Festival des Faubourgs de Montréal, est une performance immersive avec Marc-Antoine Brisson et Arthur Champagne, où gestes, objets et sons du quartier façonnent le travail en temps réel et où le public devient témoin et acteur. Dans De l’eau dans les yeux, j’ai transposé images et textes en costumes vaporeux et délicats, illustrant la collaboration entre disciplines et la sensibilité du geste.

Mon travail explore le soin, la vulnérabilité et l’interconnexion avec le vivant. Créer devient un espace de dialogue et de résonance collective, invitant à investir le monde avec imagination, sensibilité et attention, et à percevoir la vitalité qui nous relie à tout ce qui nous entoure.